alissone
perdrix


Suivre un fil de ville en ville

L'ambiance comme enjeu de l’espace public méditerranéen contemporain
Conférence Internationale, Tunis février 2014
Ambiances, réseau international

Suivre un fil de ville en ville, celui d’un récit fait d’images et de mots, depuis Tunis, Alger, Fès, Jerusalem... Ce récit prendra la forme d’un texte lu, accompagné d’une projection de photographies, et d’extraits vidéos.

Le texte retranscrit par une description sensible les ambiances traversées, et ce depuis ma propre posture, variable et multiple, à la fois de touriste, d’étrangère, de femme et de cinéaste. C’est tout à la fois la question de l’observation, de la mobilisation des sens mais également la position du cinéaste et de l’oeil prédominant dans l’expérience filmique qui fabriquent le récit. En filigrane se construit un ensemble de questions non résolues au regard des situations vécues et à l’aune d’une expérience intense de l’espace public de ces territoires. Il y a là une volonté de parler «depuis» ou «avec» ces lieux plutôt que «sur».
Se pose alors la question de l’accueil du corps filmant, de son devenir dans l’espace public. Mais aussi comment filmer ? Quelle légitimité ? Quels points de vue ? Quels cadres ? Quels stratagèmes imaginer pour assumer une place aussi exposée, inconfortable, parfois même impossible dans l’espace public. D’autres questions surgissent également concernant le devenir public des images rapportées. Comment rendre compte de l’enquête, de la captation du vif ? A l’instar d’un récit touristique, ces différentes problématiques émergent d’une forme d’intranquilité dans l’exploration. Elle transforme la quête en enquête ; celle-ci continue de hanter et d’alimenter le travail au fur et à mesure des immersions, de ville en ville.

Les images sont pensées dans une résonnance aux textes lus, non pas une illustration mais un prolongement et la possibilité de rentrer différemment dans les problématiques soulevées. Elles sont issues des explorations dont il est question dans le récit, mais ne sont ni situées géographiquement, ni synchronisées avec la prise de parole. Cela permet de créer un trouble entre récits et images, en questionnant directement les écarts et les similitudes de ce qui forme l’espace public du pourtour méditerranéen. A travers notament la persistance des formes architecturales, la posture des corps dans l’espace public, cet «être là»... Ou en alimentant les prises de positions développées dans le texte, à savoir la nécessité d’avoir recours à un intercesseur, le prisme par lequel filmer... Mais aussi le regard que nous construisons sur l’espace public et ce qui structure une perception commune. Où sommes nous ?
Ici ou aileurs ?

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